Lettre à …..

Coucou mon Jordan ,

Je ne sais pas où tu es exactement et ça m’agace .Tu sais comme je tenais tant à savoir où vous alliez ,même quand tu étais avec Cindy ,pas par curiosité ,mais pour être un peu moins angoissée et là , plus moyen de savoir .

Tu me manques trop .Quand vas-tu  décider de me faire un signe , un tout petit signe,un petit quelque chose qui me ferait savoir si tu es bien où pas .

Tu n’es plus là mais je m’inquiète encore tellement ,comme si tu étais en voyage et que tu ne donnais pas de nouvelles ……..je ne perds pas la tête , enfin , pas plus qu’avant……je sais que tu es mort même si j’ai horreur de prononcer ce mot où de l’écrire ,mais c’est la triste réalité ….n’empêche que tu pourrais faire un effort et entrer en contact avec moi .

Tout à l’heure ,je suis allée acheter le pain et j’ai revu Catherine, d’Asnières….ne rigole pas ….elle ne savait pas pour toi …….j’ai dû encore raconter et ça aussi , ça me gonfle .

Je te laisse pour l’instant mais réfléchis au moyen d’envoyer un message .

Je t’aime 

Maman 

PS: je signe car tu serais capable de te demander qui t’écris cette lettre ! emoticone



Survivre

Survivre : continuer d’exister / demeurer en vie après la mort de quelqu’un, après la fin de quelque chose/ rester en vie après un danger .

C’est la définition donnée par le dictionnaire et c’est exactement ce que je fais, je survis .

Bien sur , tous les matins , je me lève , je déjeune, je fume ma clope, je me douche, je vais au travail .

Bien sur, tous les jours, j’écoute de la musique, je lis, je viens ici, je rencontre des gens .

Bien sur que je fais tout ce qui fait une vie mais comment pourrais-je expliquer ce que je ressens vraiment ? je crois que je manque de vocabulaire pour le faire .

C’est comme si ma vie était entre parenthèses et en pointillés : il y a ma vie sociale et ma vie lorsque je suis seule .Je suis là mais pas tout à fait . Je ne suis plus la même qu’avant ce 13 juin , je ne le serais plus jamais . Il  manquera une partie de moi pour toujours et quoique je fasse. Je pense que seule une maman ayant perdu un enfant peut  comprendre réellement tous ces sentiments si contradictoires, si fatiguants, si usants.

Même avec la meilleure volonté du monde ,ceux qui ne sont pas passés par là ( et je ne le souhaite à personne ) ne peuvent imaginer ne serait-ce qu’un millième de seconde la souffrance et la solitude dans lesquelles nous plonge le décès d’un enfant.

J’irais même plus loin , je ne crois pas que les pères vivent cette perte comme les mères . C’est impossible . Nous les avons portés , sentis grandir en nous , nourris avant qu’ils n’apparaissent .Un lien invisible c’est crée entre nous et ce bébé dès  la première cellule .Et c’est un amour pur et indestructible qui naît petit à petit ,qui nous relie comme le fil d’Ariane…………

 




Archive pour 20 octobre, 2009

Lettre à …..

Coucou mon Jordan ,

Je ne sais pas où tu es exactement et ça m’agace .Tu sais comme je tenais tant à savoir où vous alliez ,même quand tu étais avec Cindy ,pas par curiosité ,mais pour être un peu moins angoissée et là , plus moyen de savoir .

Tu me manques trop .Quand vas-tu  décider de me faire un signe , un tout petit signe,un petit quelque chose qui me ferait savoir si tu es bien où pas .

Tu n’es plus là mais je m’inquiète encore tellement ,comme si tu étais en voyage et que tu ne donnais pas de nouvelles ……..je ne perds pas la tête , enfin , pas plus qu’avant……je sais que tu es mort même si j’ai horreur de prononcer ce mot où de l’écrire ,mais c’est la triste réalité ….n’empêche que tu pourrais faire un effort et entrer en contact avec moi .

Tout à l’heure ,je suis allée acheter le pain et j’ai revu Catherine, d’Asnières….ne rigole pas ….elle ne savait pas pour toi …….j’ai dû encore raconter et ça aussi , ça me gonfle .

Je te laisse pour l’instant mais réfléchis au moyen d’envoyer un message .

Je t’aime 

Maman 

PS: je signe car tu serais capable de te demander qui t’écris cette lettre ! emoticone

Survivre

Survivre : continuer d’exister / demeurer en vie après la mort de quelqu’un, après la fin de quelque chose/ rester en vie après un danger .

C’est la définition donnée par le dictionnaire et c’est exactement ce que je fais, je survis .

Bien sur , tous les matins , je me lève , je déjeune, je fume ma clope, je me douche, je vais au travail .

Bien sur, tous les jours, j’écoute de la musique, je lis, je viens ici, je rencontre des gens .

Bien sur que je fais tout ce qui fait une vie mais comment pourrais-je expliquer ce que je ressens vraiment ? je crois que je manque de vocabulaire pour le faire .

C’est comme si ma vie était entre parenthèses et en pointillés : il y a ma vie sociale et ma vie lorsque je suis seule .Je suis là mais pas tout à fait . Je ne suis plus la même qu’avant ce 13 juin , je ne le serais plus jamais . Il  manquera une partie de moi pour toujours et quoique je fasse. Je pense que seule une maman ayant perdu un enfant peut  comprendre réellement tous ces sentiments si contradictoires, si fatiguants, si usants.

Même avec la meilleure volonté du monde ,ceux qui ne sont pas passés par là ( et je ne le souhaite à personne ) ne peuvent imaginer ne serait-ce qu’un millième de seconde la souffrance et la solitude dans lesquelles nous plonge le décès d’un enfant.

J’irais même plus loin , je ne crois pas que les pères vivent cette perte comme les mères . C’est impossible . Nous les avons portés , sentis grandir en nous , nourris avant qu’ils n’apparaissent .Un lien invisible c’est crée entre nous et ce bébé dès  la première cellule .Et c’est un amour pur et indestructible qui naît petit à petit ,qui nous relie comme le fil d’Ariane…………

 

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